Politique monétaire

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Politique monétaire

Message  Galipette le Ven 1 Avr - 11:44

J'aborde ce sujet ici car à mon sens, la politique monétaire découle d'une économie en défaillance liée directement à l'accès à un pétrole à bas prix.

Mon scénario principal d'effondrement conduisant à la nécessité d'une vie en autarcie, aussi bien pour les ressources que la défense, passe par une hyperinflation de type Weimar.
La société ne pouvant fonctionner qu'en croissance, après la phase d'austérité qui s'est révélée être un échec, la phase 2 conduisant à mettre de la monnaie en circulation dans l'économie a été enclenchée. Elle est d'abord restée cantonnée au rachat d'actifs et des prêts à taux 0 accordés aux banques. Mais la machine évoque de mettre la seconde vitesse avec une mise en circulation directe auprès des consommateurs.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-bce-doit-reorienter-son-action-560457.html
http://www.sudouest.fr/2016/03/17/allez-vous-recevoir-175-euros-par-mois-pour-faire-remonter-les-prix-2304454-705.php


Galipette

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Dim 3 Avr - 15:54

Bonjour,

Quand on est un gestionnaire expérimenté, on ne peut lire ces articles sans être affligé par la très mauvaise compréhension de ce qu'est la monnaie par les économistes.
La monnaie est un outil de facilitation des échanges, le reste est accessoire, et le fait que nous épargnons en monnaie devrait lourdement nous inciter à veiller au bon usage qui est fait de cet outil. Car dès qu'on abuse de son usage, c'est l'inflation qui nous prive très vite de notre épargne.

C'est d'ailleurs pour limiter les risques d'abus que la gestion de cet outil a été confiée aux banques centrales. Qui n'ont plus d'autre choix aujourd'hui que de boucher les trous qu'elles produisent elles-mêmes, ou sinon regarder tous le système socio-économique s'effondrer en quelques mois.
Je vais tenter de vous expliquer un peu où on en est, pour autant qu'on puisse le savoir.

Disons en gros que depuis la fin des trente glorieuses, dont le glas a sonné par des crises pétrolières à caractère géo-politique, la croissance économique tend à s'affaiblir, pour des raisons on ne peut plus naturelles : notre fonctionnement économique consiste à exploiter notre environnement, et donc les ressources naturelles, afin de produire les biens qui nous permettent notre niveau de vie. Comme on commence toujours, pour des raisons économiques de base, par exploiter les ressources les plus faciles d'accès, l'accès à la ressource devient mécaniquement toujours de plus en plus difficile au cours du temps. Deux élément viennent cependant affecter la réalité et la régularité de cette situation ; ce sont les découvertes de nouvelles ressources, dont certaines peuvent être plus aisées d'accès que celles connues, et la connaissance scientifique, elle en capacité à re faciliter par de nouveaux procédés l'accès aux ressources déjà connues. Disons qu'on en est aujourd'hui à un niveau de connaissance de la géographie terrestre, d'une part, et des paradigmes scientifiques, notamment en matière de chimie et de physique, d'autre part, qui relativise beaucoup l'espoir à placer dans ces deux éléments. Et que donc la croissance s'approche dangereusement de 0. Il est en effet dangereux, compte tenu de notre fonctionnement économique, que la croissance disparaisse, car celle-ci nous aide à limiter les inégalités, et donc le chômage, qui participent à déstabiliser notre fonctionnement social. Comme notre fonctionnement économique ; si les états européens trouvent normal un déficit de 3% annuel de leur budget, c'est parce qu'ils prennent en compte une croissance économique d'environ 3% annuel qui améliorera leurs recettes fiscales d'une part, et donc augmentera leur capacité de remboursement à terme, et provoquera d'autre part une inflation des prix correspondant à une dévaluation de la monnaie et donc de leur dette.

Et donc, depuis les années 1970, à chaque "crise", c'est à dire à chaque fois que la croissance économique ralentit, les états sont intervenus dans le domaine économique afin de relancer la croissance, en empruntant de plus en plus pour ce faire.
Mais en 2008, on a atteint le moment ou toute l'épargne disponible (celle des ménages, proposée sur les marchés par les acteurs financiers) n'a plus suffi à couvrir les besoins des états afin de continuer leurs mécanismes de relance de la croissance.
Cela s'est traduit pour eux par des difficultés à emprunter, c'est à dire que leurs prêteurs pouvaient demander toujours plus de rémunération (un taux de prêt plus élevé) pour prêter. Les taux obligataires (des emprunts d'états) se sont alors envolés (ceux des états unis, ceux de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal principalement en Europe). C'est alors que les banques centrales ont commencé à intervenir massivement, en prêtant aux états (en achetant les obligations de ces états) afin de contrer la montée des taux dans un premier temps.
Puis dans un second temps, les banques centrales ont acheté suffisamment d'emprunt d'état pour faire baisser les taux d'emprunt très bas, avec pour objectif d'aider les états à rembourser leurs dettes ; en effet, les états étant très endettés, il leur devenait difficile de payer les intérêts liés aux taux consentis sur leur emprunts. Depuis que les taux ont étés abaissés, il leur est plus facile (moins onéreux) de rembourser leur dettes.
Mais cette seconde action des banques centrales (de baisse des taux), a lourdement pénalisé les marchés financiers, qui vivent du loyer de l'argent. Avec des taux obligataires proches de 0, il leur devient difficile de se financer. Et donc, dans la foulée, les banques centrales sont intervenues massivement pour soutenir les banques. (Elles soutiennent aujourd'hui bien d'autres secteurs).

Aujourd'huii, le bilan des banques centrales a été multiplié par quatre depuis 2008, et ceci n'a pas suffi à relancer la croissance, cela a juste permis que le système ne s'effondre pas, ce qui est déjà pas mal. Et c'est parce que la monnaie créée a principalement servi à boucher des trous que l'inflation a été limitée.

Mais si, comme le réclament ces économistes, on créait et on distribuait de la monnaie afin de relancer la croissance, ce serait extrêmement dangereux, car l'inflation générée pourrait évoluer très vite en hyper inflation, ce qui annulerait d'une part l'effet de relace de la consommation et de la croissance, et détruirait rapidement toute l'épargne, en créant une gigantesque instabilité financière.

La solution de la monnaie, au-delà de ce qu'elle est utilisée actuellement, n'existe pas, et les banquiers centraux le savent très bien. Ils ont fait quasiment le maximum de ce qu'ils pouvaient faire sans détruire l'outil monnaie lui-même.
On est déjà plus à l'abri d'une forte inflation, qui resurgirait très vite si le pétrole repartait à la hausse, ce qui nous pend au bout du nez.
On est quasiment morts, je crois qu'il y a environ une chance sur deux pour que la civilisation industrielle n'existe plus dans trois ans, environ deux chances sur trois qu'elle n'existe plus dans cinq ans.
Ca va secouer, attachez vos ceintures.

pragma tic

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Re: Politique monétaire

Message  geispe le Mar 5 Avr - 16:46

merci de cette intéressante analyse... je me suis aussi posé la question de savoir combien de temps nous tiendrions encore... mais aussi comment pourrait se passer un écroulement du système : çà risque effectivement de secouer... suspense donc...

geispe

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Mar 5 Avr - 20:18

Bonjour,

Ce qui va se passer est parfaitement imprévisible, mais ça risque de ne pas être drôle.
J'espérais que nous serions, en France, impactés parmi les derniers, mais nous avons un sérieux soucis, du coté de notre approvisionnement électrique. En gros, on se retrouve totalement dépendants de notre production nucléaire (de l'ordre de 80% de la production totale), avec un parc vieillissant, on a plus les moyens financiers de construire des réacteurs neufs, (ni même les savoir-faire, d'ailleurs, le cas des EPR est assez édifiant), et même plus les moyens d'entretenir notre parc correctement. Ceci étant directement lié au fait que l'Etat bloque toute augmentation de tarif de l'électricité, et le fait qu'AREVA soit parti en vrilles et qu'EDF se retrouve à assumer en partie ne va rien arranger.
Quelques illustrations de la situation :
sur le matériel de sécurité
conditions de la maintenance
La question n'est donc vraisemblablement plus de savoir si un accident grave va arriver en France, mais quand, et quel sera son impact sur notre production électrique.
Quand on sait que pour la plupart, plus d'électricité, ça veut dire plus d'eau au robinet, on mesure l'impact du risque ...

pragma tic

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Re: Politique monétaire

Message  Galipette le Mar 5 Avr - 23:12

Lorsque la BCE se décidera à lancer cette mesure, ce qui selon moi n'est qu'une question de temps ( car on utilisera tous les artifices pour faire reculer l'effondrement), nous aurons très probablement quelques mois à quelques années (5...6 ?) durant lesquelles l'économie sera dans un premier temps boostée par cette masse monétaire. Cela sera sans doute le dernier créneau pour effectuer de gros investissements quant aux préparatifs de l'effondrement (achat de terrains/aménagements de bâtiments/sécurisation etc..). Au départ, il y a toujours un décalage entre la masse de monnaie mise en circulation et ses effets inflationnistes. Les consommateurs se mettent à reconsommer, ce qui crée de l'emploi et un rebond de croissance artificielle. Mais rapidement, la hausse de la demande entraîne un rééquilibrage des prix des produits.
Il s'ensuit une inflation forte et une augmentation de l'impression de billets qui a pour effet de stimuler l'investissement de chaque denier à défaut de le voir se dévaloriser s'il est épargné. La circulation monétaire s'accélère et l'hyper inflation s'enclenche. (exemple ici: http://www.causes-crise-economique.com/hyper-inflation-weimar-allemagne.htm )
A ce stade, il nous faudra investir tout l'argent disponible dans des petits achats de première nécessité stockables, tels que matériel de jardinage/chaussures/vêtements/savons/allumettes/petit matériel de défense etc... car quelle que soit l'issue, notre niveau de vie ne sera désormais plus jamais celui connu.

Même dans ce livre "hyperinflation, guide de self défense financière: https://books.google.fr/books?id=Q2cCBAAAQBAJ&pg=PA122&lpg=PA122&dq=hyperinflation+vie&source=bl&ots=_Ot_yQNIGq&sig=ENv_UFDmoA9UNXMlXdI4Abi0uhE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjC_LDttffLAhXBmBoKHWJpBEMQ6AEISjAJ#v=onepage&q=hyperinflation%20vie&f=false)
le chapitre "construire un coffre fort inviolable en 4 étapes" évoque la nécessité de sécuriser ses besoins primaires, en investissant dans un lieu de vie qui nous rend plus autonome et indépendant.

Je vois qu'on lit les mêmes articles Pragmatic, j'ai vu également bon nombre d'alertes émises sur le nucléaire français. Le fait de pousser nos centrales au delà de leurs limites acceptables est inquiétant. Etant donné que l'on ne voit pas d'issue sur une compensation de production future, nous augmentons considérablement les risques d'accidents et à moindre mal celui de pénurie. Les 25% d'énergie non nucléaires pourraient être dirigés vers les besoins vitaux. Je crains plus sur la maintenance/démantèlement du parc ou un accident d'ampleur en phase aigüe d'effondrement.

Je pense également qu'un des points essentiels pour faire partie de ceux qui s'en sortiront tient à la discrétion des moyens mis en oeuvre. Il faudra se fondre dans la masse pour ne pas attirer l'attention et les convoitises. De tous les récits que j'ai lu, la sécurité est primordiale et elle passe par une discrétion absolue ainsi qu'une organisation de groupe locale. Je m'abstiendrai par exemple de mettre du barbelé tranchant autour de ma propriété (bien que j'y ai pensé) car cela serait un hautparleur pour indiquer à tous mes voisins que j'ai des choses à protéger. Et seul... on ne survit jamais longtemps face à un groupe qui veut s'accaparer des ressources. En revanche, j'essairai tant que possible d'amener mes compétences, telle que les plantes sauvages comestibles, à mon voisinage afin de me rendre "nécessaire" à leurs yeux.

Galipette

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Mer 6 Avr - 12:57

Bonjour,

Je doute que les banquiers centraux aillent beaucoup plus loin dans leurs interventions, car ils savent aussi bien que moi un élément essentiel ; Le démarrage de l'hyperinflation dépend davantage du contexte extérieur que de l'émission monétaire elle-même. J'y reviendrai plus loin.
Et il y a un second problème généré par la politique monétaire actuelle et que je passe sous silence car assez complexe, c'est la gestion des bulles ; et ça aussi c'est assez dissuasif pour eux. Quelques mots sur les bulles ; Je l'ai déjà expliqué, les banques centrales ont délibérément fait baisser les taux obligataires, et donc le principal marché monétaire, ce qui rend le marché obligataire peu attractif pour les investisseurs professionnels. Ils spéculent donc, à l'échelle mondiale, sur tous les secteurs qui semblent à un moment donné présenter un rendement plus attractif que le marché obligataire. Et comme ils procèdent simultanément, ils ont tendance à survaloriser l'opportunité repérée, qui finira par se revaloriser de façon plus réelle dans un mouvement brutal qu'on appelle l'éclatement d'une bulle. D'un coté, ces bulles ont l'intérêt de "dissiper" en partie, lors de leur éclatement, la monnaie en excès. Mais à l'inverse, elles sont un facteur de déstabilisation des marchés, et à ce titre très inquiétantes pour les banquiers centraux qui tentent tant bien que mal de continuer à contrôler la situation, et qui souhaitent surtout que la situation paraisse saine, afin de fournir de la visibilité aux investisseurs, ou au moins ne pas trop les effrayer. (l'investissement est une base de notre fonctionnement).
Donc, garder la maîtrise des bulles, et surtout, faire gaffe aux changements contextuels. Les banquiers centraux savent aussi bien que moi que si le pétrole repart à la hausse, sa conséquence inflationniste démarrera un phénomène d'hyperinflation plus surement que n'importe laquelle de leurs actions monétaires ; ils savent aussi bien que moi qu'ils en ont déjà fait bien assez pour ne probablement plus rien maîtriser dans un tel contexte. Ils ne peuvent déjà rien contre ce risque qu'ils connaissent, et ils en prendraient encore davantage ? J'en doute.
Je suis donc réservé sur l'emploi de mesures monétaires importantes supplémentaires.

Quant à ma stratégie vis à vis de l'environnement lorsque ça commencera à chauffer, elle sera fonction de l'évolution de cet environnement. Mais je crains que celui-ci ne devienne rapidement corrosif, compte tenu de la totale impréparation de la quasi totalité de la population. Je crains un effondrement brutal des services de l'état, qui génèrerait un chaos général, lequel serait vécu comme une opportunité par ceux déjà "formés" à la délinquance sociale et aux incivilités. Je serais alors prêt à prendre des mesures d'isolement. Et dans un tel contexte, je crois qu'à peu près tout le monde se fichera de ce que je ferai ou non, sur mon terrain.

pragma tic

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Re: Politique monétaire

Message  Galipette le Mer 6 Avr - 15:14

Bien sûr que tout est multifactoriel et que chaque hyperinflation a ses propres causes d'emballement, raison de plus pour penser que la prochaine, si elle survient lors de l'entrée en rareté d'un certain nombre de ressources vitales (pour la société industrielle), sera d'ampleur inédite.
Toutefois, lorsque tu dis que tu es affligé par la très mauvaise compréhension de la monnaie des économistes, et que les banquiers centraux sont parfaitement conscients du pouvoir du prix du baril sur l'économie et des risques d'une mise en circulation massive de monnaie fiduciaire, je suis quand même interloquée.
Pourquoi plus de 50 cas d'hyperinflations ont été recensés, incluant tous une mise en circulation massive de billets neufs, si les banquiers centraux connaissent si bien le fonctionnement de ce phénomène...
Si les banques centrales refusent l'injection de monnaie au sein de l'économie citoyenne, ce sont les désordres sociaux qui prendront le dessus, les révoltes des peuples contre un niveau de vie qui s'effondre. Prendront-elles ce risque ? Où préfèreront-elles laisser filer la monnaie en attendant un choc qui mette la population en état d'accepter une dictature lourde à défaut d'un chaos ?
Je perçois un rééquilibrage sévère du niveau de vie des gens, mais surtout plus d'espoir d'une nouvelle société en expansion en raison des limites d'accès aux ressources de notre pays (il en est différemment pour chaque pays)

Par ailleurs, l'instabilité géopolitique que nous avons créé de toute pièce sera également un facteur aggravant. Le problème de ces (im)migrants du moyen orient et nord africains que les Européens découvrent n'est que le haut de l'iceberg. Ils sont des millions à rêver venir chez nous.
Je dis que nous l'avons créer de toute pièce en raison de notre soutien massif aux rebelles syriens, dont nous savions pertinemment que bon nombre de djihadistes étaient les membres. Nous les avons armés et soutenu tandis que nos chers alliés du golfe les financent largement. Et à refuser de s'allier à la Russie et à Bachar el-assad pour rester bien soumis à nos pétromonarchies, nul doute que l'avenir est peuplé de surprises de ce côté là aussi. (Il a été de même pour le renversement du pouvoir Lybien) Car pour avoir un pied sur ces terrains là, ce ne sont pas les pays limitrophes qui vont faire barrage au djihad. Quant à trahir la plus grande dictature au monde, qui sait ce que cela nous réserverait aussi...
Est-ce qu'un effondrement économique majeur de notre pays arrêterait cette migration, je n'y crois pas un instant.
Est-ce que l'état de guerre peut influencer la création monétaire, c'est certain.

Donc oui, tout est multifactoriel et je reste convaincue que quel que soit le chemin emprunté, il passera par une hyperinflation.

Galipette

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Mer 6 Avr - 19:09

Bonjour,

Je crois aussi qu'une période d'hyperinflation nous menace, mais moi je ne crois pas qu'elle sera provoquée par une politique de création monétaire extrême des banques centrales.
Bien sûr, dans l'histoire, l'hyperinflation a été une sale manie routinière, et le comportement humain n'ayant en rien changé à cette échelle de temps, si rien n'avait changé, les mêmes causes produiraient les mêmes effets.
Mais attention, les temps modernes sont résolument modernes, n'en déplaise à tous ceux qui se rassurent en songeant au temps qu'il a fallu pour détruire l'empire romain ...
La grande nouveauté de l'ère moderne, c'est, pour le pire et le meilleur, la séparation des pouvoirs. Et en matière monétaire, je ne sais pas si c'est pour le pire ou le meilleur, mais ça change tout. L'hyperinflation, dans l'histoire, c'est surtout un caprice de dirigeant qui a un besoin urgent de dépenser alors qu'il n'a plus de sous. Tiens, actuellement, donne à monsieur Hollande la capacité à frapper monnaie, et dans six mois, tu l'as ton hyperinflation. Plus sérieusement, les banquiers centraux sont officiellement, et je crois même réellement, en ce qui concerne US et Europe, indépendants des pouvoirs politiques. Et donc, leur première mission, lorsqu'ils prennent le poste, c'est de veiller au bon fonctionnement de l'outil monnaie. Je suis convaincu que c'est malgré eux, mais bien obligés, qu'ils sont devenus de fait les sauveteurs du système économique mondial. Et je crois qu'ils rechigneront à en devenir visiblement les saboteurs. Pour eux, un chaos progressif imputable aux politiques serait certainement plus moral.

Attention, quand je fais référence aux économistes, je fais allusion à des gens dont le métier est de modéliser notre fonctionnement économique, et qui sont dans leur grande majorité en grande difficulté car leur théorie de base est en train de partir en vrilles.
Les banquiers centraux s'apparentent bien davantage, par leurs fonctions, à des gestionnaires, et sont donc plus enclins au pragmatisme qu'à l'idéologie. Et je ne doute pas qu'ils connaissent l'histoire aussi bien que nous.
En ce moment, de ce que je peux observer, ils sont très occupés à inciter de nombreux politiques à cesser de déc ... ou autrement dit, à cesser de dépenser davantage que ce dont ils disposent. Mais c'est têtu, un politique, surtout en période de réélection.

Enfin bref, c'est parce que je sais que les banquiers centraux ont pour première mission de faire bon usage de l'outil monnaie que je crois qu'ils n'iront pas jusqu'à imprimer pour les consommateurs en direct. Et il n'est pas évident qu'ils gagneraient du temps à user d'un tel procédé, qui nous guiderait droit vers un chaos généralisé. Jusqu'à présent, ils ont fait la part du feu, avec beaucoup d'adresse, selon moi.
Je crois qu'ils approchent du bout de l'efficacité de leurs outils, et qu'il ne faudrait plus grand chose pour qu'ils perdent le contrôle. Mais je ne les crois pas disposés a aller délibérément contre leur première mission.

On verra bien ...

pragma tic

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Mar 12 Avr - 10:42

Bonjour,

Galipette a écrit:Lorsque la BCE se décidera à lancer cette mesure, ce qui selon moi n'est qu'une question de temps ( car on utilisera tous les artifices pour faire reculer l'effondrement), nous aurons très probablement quelques mois à quelques années (5...6 ?) durant lesquelles l'économie sera dans un premier temps boostée par cette masse monétaire. Cela sera sans doute le dernier créneau pour effectuer de gros investissements quant aux préparatifs de l'effondrement (achat de terrains/aménagements de bâtiments/sécurisation etc..).

Personnellement, je procède dès aujourd'hui et le plus tôt possible, dorénavant, aux investissements préparatoires possibles à réaliser en avance.
Pour plusieurs raisons :
D'une part, plus on avance dans le temps, et moins l'avenir devient prévisible, et il convient de garder à l'esprit que les dégradations sociales sont très brutales, et en mesure de rendre quasiment impossible toute nouvelle dépense à terme (exemple : grève des routiers suivie d'une grève de la poste et chaos social dans la foulée).
Ensuite, je crois aussi que l'avenir ouvrira des opportunités en matière de prix d'achat, mais de manière aléatoire, et je ne risquerai pas ma préparation là-dessus ;
Enfin, dès l'inflation enclenchée, notre épargne se dévalorise et rend moins accessible toute opportunité de prix, et il faut être conscient que le pétrole frétille déjà et peut redémarrer à tout moment. Et il n'y a pas que le pétrole ! Si les statistiques officielles ne rendent compte d'aucune inflation, c'est qu'elles sont prévues pour ça, minorer l'inflation. En réalité, les entreprises ont atteint le minimum de marge supportable, et le phénomène de déflation est arrêté. Et certaines matières premières et certains services sont déjà bien remontés ! Mon parc de batteries en commande (achetées sèches, pour usage ultérieur), me revient 30% plus cher que le même acheté il y a environ 3 ans !
Et toi, Galipette, tu dois constater l'évolution du prix des munitions !
Je crois moi qu'il est prudent de boucler nos préparatifs le plus tôt possible. Les ennuis arrivent toujours trop vite.

pragma tic

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Re: Politique monétaire

Message  Galipette le Mer 13 Avr - 8:23

Oui je suis d'accord. Je ne pense pas que grand monde perçoive la déflation, en dehors de l'immobilier.

Mon stock de munitions n'avance qu'à mesure des achats légalement autorisés donc pas le choix sur l'investissement, mais comme je crains aussi une possible réquisition, je m'oriente vers d'autres moyens de défense.
J'ai assuré les achats primaires. Dorénavant, les investissements restants résultent plus du confort...et..toujours et encore...de la connaissance.
Exemple: l'hiver doux a favorisé une infestation de poux blancs dans ma basse cour. Le remède que j'utilise est à base de teinture de quassia amara, mais... comment faire sans cet intrant...

Galipette

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Re: Politique monétaire

Message  pragma tic le Mer 13 Avr - 11:41

Bonjour,

Sur le long terme, on aura pas le choix, il faudra faire sans, ou plutôt avec ce qu'on aura à disposition, et donc très probablement moins.
Il y a une Loi qui vient de passer, qui me dérange assez peu, je dois dire, car ma préparation de l'avenir me fait jardiner quasiment sans pesticides. Cette Loi interdit la vente de pesticides aux particuliers, je ne me souviens plus à partir de quand ; Et elle intègre la bouillie bordelaise, !?, que j'utilise modérément, mais bien utile quand même pour mes jeunes fruitiers en période très humide. Stocks à prévoir, puis, à terme, restera à vivre sans ...

Sinon, autre exemple d'intérêt à investir le plus tôt possible ; c'est que notre civilisation continue, et continuera jusqu'à sa mort, à évoluer vers le jetable au détriment du durable. Il y a environ trois ans, j'ai testé les seaux métalliques que j'ai trouvés dans un magasin de bricolage régional, évidemment cinq fois plus cher que les seaux plastiques. Un seau plastique, ça dure de deux à cinq ans, mais quoi que tu fasses, ça devient cassant aux UV. Après trois ans de maltraitance sordide sur mes seaux métalliques, je constate qu'ils sont presque indestructibles, et que, un peu entretenus, il doivent largement faire vingt ans de service. J'ai donc souhaité en racheter, il m'a dorénavant fallu utiliser internet, et ça devient dur à trouver, il est juste temps de faire les stocks !
A l'inverse, les poubelles métalliques que j'ai testées ont rouillé et été percées très vites, alors que les plastiques peuvent faire un très long usage. Il faut tout tester.

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