Pour quand, l'après pétrole ?

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Pour quand, l'après pétrole ?

Message  pragma tic le Lun 28 Sep - 11:42

Bonjour,

Pourquoi se préoccuper de l'après pétrole ?
Pour le comprendre, il faut savoir que le pétrole joue un rôle essentiel dans notre vie quotidienne.
Je ne peux à ce sujet que conseiller la lecture de Jean-Marc Jancovici, par exemple cet article, sur le rôle de l'énergie en général, ou cet autre article, sur le rôle du pétrole en particulier.
En effet, les qualités du pétrole qui en font l'énergie du transport lui confèrent un rôle essentiel au sein des énergies, car notre mode de vie repose sur le transport.

Une fois posé le rôle de l'énergie, et du pétrole en particulier dans notre mode de vie, on peut faire un état des lieux. Jusqu'à présent, la montée de notre niveau de vie s'est accompagnée d'une capacité à produire du pétrole qui a toujours augmenté, le monde consomme aujourd'hui de l'ordre de 93 millions de barils de pétrole par jour. Mais la continuité récente de la montée de la production de pétrole a été réalisée de manière "bricolée". Avant, le mot pétrole désignait des huiles énergétiques contenues dans des réservoir faciles d'accès, qu'il suffisait de pomper à peu de frais. On parle aujourd'hui à ce sujet de pétrole conventionnel, par opposition aux huiles énergétiques qui complètent aujourd'hui la production, et qui sont obtenues de différentes manières. (En pompant dans des nappes très profondes, en nettoyant des sables bitumineux, en transformant du maïs ...). Ces huiles ont des capacités énergétiques proches de celles du pétrole conventionnel, mais leur coût de production est beaucoup plus élevé. Or, notre capacité à produire des pétroles conventionnels diminue dorénavant, depuis environ 2006. On substitue donc de plus en plus du pétrole cher à du pétrole pas cher. Cela a été possible parce que le prix du baril de pétrole est beaucoup monté à partir de 2006, pour atteindre un prix moyen de 120 dollars durant quelques années, alors qu'un baril de pétrole coutait 20 dollars en 2002. Et donc de nombreux investissements dans les pétroles non conventionnels ont été réalisés, qui permettent d'approvisionner le marché actuellement.
Mais quand on connait le rôle du prix du pétrole sur l'économie (le deuxième article de Jean-Marc Jancovici proposé ci-dessus), on comprend que les prix élevés du pétrole ont provoqué un marasme économique qui a commencé en 2008, et qui dure encore actuellement, alors même que le prix d'un baril de pétrole est redescendu à moins de cinquante dollars. La baisse actuelle du baril de pétrole décourage les investissements aujourd'hui, et questionne sur l'approvisionnement en pétrole de demain, avec un pétrole conventionnel qui coulera de moins en moins.
Pendant ce temps, la situation financière mondiale s'est beaucoup dégradée. Les pays, souhaitant relancer l'économie par des mesures fiscales, se sont énormément endettés, et beaucoup d'entre eux ne peuvent plus fonctionner aujourd'hui qu'en empruntant des sommes très importantes. Or l'économie ne produit plus aujourd'hui suffisamment d'épargne pour financer ces pays, Et ils ne trouvent aujourd'hui de l'argent à cette fin que parce que les gestionnaires de la monnaie, qui sont les banques centrales, fabriquent de la monnaie en grande quantité pour permettre la continuité du fonctionnement du système. On baigne depuis 2008 dans le bricolage à grande échelle, le système économique mondial est passé en mode survie, mais pour différentes raisons, les moyens utilisés aujourd'hui pour durer ne fonctionneront plus très longtemps, et ce dans un contexte ou la production énergétique pose question.
On va droit dans un mur, car nous utilisons, au propre comme au figuré, toute notre énergie pour durer, et non pour nous adapter à la contrainte de la baisse inéluctable de notre capacité à produire de l'énergie.
Nous somme très probablement à la veille de changements importants dans notre mode de vie. Bien difficile de faire un pronostic sur quand, et quoi, mais l'horizon à cinq ans semble très bouché. Dans ces conditions, toute mesure permettant de se rapprocher de l'autonomie vis à vis de notre mode de fonctionnement actuel me semble prudente aujourd'hui.

pragma tic

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Re: Pour quand, l'après pétrole ?

Message  geispe le Mer 30 Sep - 19:47

merci de toutes ces précisions... l'idée d'un "après-pétrole" semble en effet être un peu mise aux oubliettes, occultée face à tous les autres problèmes que rencontre aujourd'hui le système... mais le sujet n'en reste pas moins à l'ordre du jour pour ce qui est de notre proche futur...

geispe

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Re: Pour quand, l'après pétrole ?

Message  looping le Mer 30 Sep - 22:44

Bonjour,
oui, je pense aussi que la fin des énergies "pas chères" est là, et evidemment, la fin du pétrole tout court aussi...

Tes infos sont claires et interessantes pragma tic, merci !

Un lien interessant :
https://www.youtube.com/watch?v=SpDAoOUkfo8


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Re: Pour quand, l'après pétrole ?

Message  pragma tic le Mar 6 Oct - 9:35

Bonjour,

J'ai visionné la vidéo en lien, avec intérêt, car ce jeune homme que je ne connaissais pas traite le sujet de manière globale avec pertinence.
Ce que m'inspirent mes deux domaines de connaissance sur ses propos :
C'est avec une grande lucidité qu'il aborde la question de la communication en la matière, il sait d'ailleurs qu'à une conférence à ce sujet ne viendront très essentiellement que les déjà informés. Cependant, lors de sa conférence, on constate la présence d'un grand nombre d'optimistes, ce qui a de quoi surprendre au vu des enjeux débattus. Sont-ils si bien informés ? Je crois que oui. Je crois que le nombre d'optimistes était approximativement le même à la fin de sa conférence qu'au début.
Je crois que le problème de la transmission d'information n'a pas de solution. Je crois surtout qu'il ne faut surtout pas insister si notre interlocuteur ne semble pas réceptif, ceci pour ne pas lui causer de problèmes. Car un individu humain, c'est beaucoup un équilibre psychologique, entretenu à grands frais. L'individu humain dispose d'une large gamme de moyens d'éviter à sa conscience l'accès d'informations anxiogènes. On le sait depuis longtemps, c'était le sujet central d'étude de Mr Sigmund Freud. Le moyen le plus banal est le refoulement, qui consiste à bloquer et enfouir dans l'inconscient l'information anxiogène. Lorsqu'un interlocuteur ne semble tout simplement pas entendre nos propos anxiogènes, il ne faut surtout pas insister. Car l'objet de la communication, c'est à dire nous, deviendra lui-même rapidement un objet de refoulement, notre interlocuteur va dorénavant nous éviter et devenir agressif si besoin pour nous éloigner. Et il n'est pas gratuit pour notre interlocuteur de transiger avec la réalité (de son environnement) ; son comportement peut s'en trouver perturbé, et pas toujours dans le bon sens. C'est pourquoi un support écrit comme ce blog est intéressant ; il est très facile pour un individu fragile de ne pas lire les informations qu'il contient ! Après, pourquoi y a-t-il parmi l'assistance de cette conférence à peu près autant d'optimistes que de pessimistes, alors même que le sujet pousse au pessimisme ? La raison en est simple : ne sont refoulés que les éléments identifiés comme anxiogènes. Prenons un écologiste ; pour lui, l'après pétrole signifie d'abord la fin des nuisances engendrées par notre mode de vie. Donc, celui-ci intégrera aisément la problématique de l'épuisement des ressources. Il y verra une opportunité, et non une menace pour son niveau de vie, sur lequel il est, au moins au niveau théorique, prêt à faire des concessions. Il n'y a pas que les écologistes, un certain nombre de gens peuvent convertir en opportunité l'épuisement des ressources, et ce sont donc eux qui vont à ce type de conférence, et y exprime leur relatif optimisme, accompagnés par ceux dont la solidité psychique leur permet de voir le monde tel qu'il est, et dont l'optimisme est souvent plus nuancé.
En ce qui me concerne, je suis extrêmement inquiet de la suite des évènements. Car je suis lourdement formé aux systèmes d'organisations, avec un troisième cycle dans le domaine à la clé, et pas mal d'expérience professionnelle. Et ces connaissances me disent qu'un système socio-économique comme celui dans lequel nous vivons, mondialisé, ne peut pas décroitre, ou très marginalement. Et que donc, confronté à l'épuisement des ressources naturelles, ce système va s'auto-organiser pour durer autant que possible (ce qu'il fait depuis 2008), mais que dès qu'une partie substantielle du système ne parviendra plus à tenir la pression, c'est tout le système qui va s'effondrer, et vraisemblablement très rapidement, je dirais en quelques mois à l'échelle mondiale, quelques semaines, probablement, au niveau local.
Et je préfère ne pas parler des conséquences probables d'une telle situation. Plutôt m'y préparer, au cas ou, ce que je fais depuis 2007, c'est pourquoi ma préparation est assez avancée. En espérant me tromper, mais ce que j'observe depuis 2007 va plutôt dans le sens de ce que je crains.

pragma tic

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